Atlas du Haut Val de Marne (2) : la distribution des emplois et des actifs

Après avoir étudié la distributions des revenus par unité de consommation, nous allons aborder ici la question de la répartition spatiale des emplois et des actifs. Il s’agit en effet d’un enjeu majeur, tant sur le plan politique (taxe professionnelle) que sur le plan écologique (énergie dépensée en raison des distance domicile-travail) et sur le plan social (difficulté à trouver un emploi près de chez soi)

1. Critère retenu : le rapport entre nombre d’emploi (2008) et nombre de salariés (2006)

Les emplois sont-ils situés à proximité du domicile des employés ? En d’autre terme, peut-on trouver dans chaque commune ou chaque quartier autant d’emploi qu’il n’y a d’actifs. On peut tenter de répondre à cette question à l’aide  du site des données locales de l’INSEE en téléchargeant successivement la distribution des actifs en 2006 (travailleurs au lieu de domicile) et la distribution des emplois en 2008 (travilleurs au lieu de travail). Même si les deux dates ne coïncident pas exactement, la comparaison des deux distributions est très instrctive :

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On voit tout de suite que les emplois (cercles rouges) se concentrent dans quelques zones précises (Rungis, Créteil, Port de Bonneuil) tandis que les actifs sont dispersés dans toutes les communes et les quartiers. Il ne peut sans doute pas y avoir de coïncidence parfaite, mais on demeure frappé par le déficit d’emploi de certains quartiers et de certaines communes, ce que l’on peut mieux visualiser en créant un rapport Emploi / Actifs qui devrait théoriquement valoir 1 dans les territoires qui ont un nombre d’emploi égal à celui de leurs actifs (même si cela ne veut pas dire que tous travaillent sur place).

2. LE RATIO EMPLOI/ACTIFS : DES PÔLES D’EMPLOI PRES DE PARIS ET DES AXES DE TRANSPORT, DES BANLIEUES DORTOIR AILLEURS.

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Dans l’ensemble du Val de Marne, l’INSEE dénombre 498 000 emplois en 2008, à comparer aux 581 000 actifs de 2006. Le rapport emploi/actif y est donc de 0.85 emplois par actif, ce qui est plutôt défavorable et implique qu’une bonne partie des habitants du Val-de-Marne sont obligés d’aller travailler en dehors de celui-ci, en particulier à Paris et dans les Hauts de Seine.

Les contrastes sont également très forts à l’intérieur du Val de Marne car on a eu tendance dans le passé à concentrer les activités dans des zones spécialisées, loin des zones d’habitat. On va ainsi passer de quartiers concentrant les emplois avec pour ainsi dire aucun habitant (orange-rouge sur la carte) à des quartiers n’ayant pour ainsi dire aucun emploi mais beaucoup d’habitants (bleus foncés sur la carte).

Cet urbanisme à l’ancienne qui découpait l’espace en zones spécialisées dans le travail ou dans le sommeil est responsable de bien des problèmes présents, notamment en ce qui concerne les distances domicile travail et l’usage de l’automobile.

L’urbanisme moderne va au contraire tenter d’intégrer emploi et habitat dans les même quartiers, à l’instar du nouveau quartier Paris-Rive gauche situé dans le 13e arrondissement. Mais il est évidemment plus facile de créer un urbanisme réussi en partant d’un terrain vierge. Et il faut aussi faire avec les héritages passés.

3. ZOOM SUR LA COMMUNAUTE DE COMMUNE DU HAUT-VAL DE MARNE

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La communauté de commune du Haut-Val de Marne est composée en majorité de quartiers-dortoirs avec un niveau général très faible de 0.6 emplois par actif résident. Il y a évidemment quelques quartiers concentrant plus d’emploi, notamment :

  • Le quartier de la gare RER à Boissy-Saint-Léger
  • le quartier de la gare RER à Sucy-en-Brie
  • les zones d’activités proche de la RN4 à Chennevières

Il n’en demeure pas moins vrai que ce que la carte montre c’est une fois de plus l’absurdité des frontières de la communauté de communes du Haut-Val-de-Marne, en particulier la coupure qui la sépare de Bonneuil-sur-Marne et Limeil-Brévannes. On imagine bien les raisons politiques qui ont présidé autrefois à ce découpage (mettre ensemble les communes « de Droite » et « de Gauche ») et qui ont sans doute répondu à une volonté commune des élus de part et d’autre … Mais on ne peut que déplorer l’absurdité fonctionnelle de ce découpage sur les plans économique, social et écologique.

Car enfin, si l’on veut réellement rapprocher l’emploi de l’habitat, si l’on veut construire dans le Val de Marne des zones d’activité comparables à celles de l’Ouest parisien, ce n’est certainement pas en se tournant le dos et en tirant chacun de son côté un espace stratégique commun. C’est en effet sur les confins de Boissy et de Limeil, de Sucy et de Bonneuil, qu’on pourrait mener les projets les plus ambitieux en matière d’intégration de zones d’habitat et d’emploi. C’est là et nulle part ailleurs que l’on pourrait construire des écoquartiers proche des transports en communs, où les habitants pourraient travailler tout près de chez eux, sans être obligés de prendre leur voiture … Bref, c’est dans ces confins du plateau de Brie et de la Plaine de la Seine que se joue l’avenir des communes qui se tournent le dos de part et d’autre !

« Frontière, n.f. : en géographie politique, ligne imaginaire séparant les droits imaginaires d’un pays des droits imaginaires d’un autre pays . » (A. Bierce, Le Dictionnaire du Diable)

Claude Grasland
Militant Vert, Sucy-en-Brie

 


Annexe : Données statistiques sur l’emploi  des quartiers et des communes du Haut Val de Marne en 2006-2008

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Source : Insee, données infra-urbaines

Publié par Claude Grasland

Co-secrétaire du groupe local EELV "Vallée du Morbras"

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